L’impression de remonter un peu plus de cinq décénnies en
arrière, à l’époque où l’on m’offrait mon tout premier boîtier photographique; un Instamatic Kodak. Résident en Allemagne, à mes 18 ans , j'ai fait l’acquisition de mon premier
véritable appareil photographique, un Rolleiflex F 80 mm f/2,8 Planar. Une véritable " boîte à images ", parmi ce qui se faisait de mieux à l’époque en moyen format (6X6), et
qui reste encore aujourd’hui une référence.
Au fil des décennies, j’ai enrichi mon parcours avec de
nombreux boîtiers, reflex comme télémétriques, jusqu’à l’arrivée des premiers appareils numériques, avec leur lot d’innovations et de facilités. D’abord limités par des capteurs peu performants, ils
ont considérablement évolué ces dernières années.
Aujourd’hui, certains fabricants permettent, grâce à des
bagues d’adaptation, sous réserve du respect du tirage mécanique pour certaines marques de réflex, de réutiliser les objectifs issus de ces anciens systèmes argentiques sur nos appareils numériques
modernes. Partant de là, j’ai rapidement retrouvé le plaisir de maîtriser pleinement mes images, avec en prime la possibilité de visualiser immédiatement le résultat, chose impensable à l’époque de
l’argentique.
Photographier avec un boîtier numérique associé à ces
anciennes optiques me procure une satisfaction totale. La disparition de nombreux automatismes, notamment l’autofocus, ne me gêne en rien, bien au contraire. J’apprécie ces optiques anciennes pour
leurs imperfections, qui confèrent à mes images une douceur que mes objectifs modernes ne reproduisent pas. Les images trop chirurgicales ne correspondent pas à ma sensibilité.
Le célèbre Helios H40-2, souvent critiqué mais tout aussi
souvent convoité, notamment pour son bokeh tournant et sa faible profondeur de champ à pleine ouverture, me convient parfaitement. Les images qu’il produit ne souffrent d’aucune comparaison avec
celles issues de certains objectifs modernes de même focale et ouverture ; certes plus nets, mais offrant des bokehs bien moins séduisants. Le piqué, si souvent mis en avant, est-il réellement
la condition sine qua non pour réussir une photographie ?
Pour ma part, je ne le pense pas.
Enfin, les défauts de certaines de ces optiques anciennes
est une source constante de plaisir. J’aime en jouer, que ce soit en macro, en portrait ou en proxy-photographie de fleurs d'insectes et autres araignées.