La principale différence entre le BE-AMM et le DE-AMM concerne l'évolution réglementaire et les compétences associées à l'accompagnement en moyenne montagne :
BE-AMM (Brevet d'État d'Accompagnateur en Moyenne Montagne) : C'était l'ancien diplôme historique validé par le ministère des Sports en France, permettant d'encadrer des randonnées en moyenne montagne. Il a été remplacé en 2014 par le Diplôme d'État (DE).
Impose un recyclage (mise à niveau) tous les 6 ans.
DE-AMM (Diplôme d'État d'Alpinisme – Accompagnateur en Moyenne Montagne) : Depuis 2014, c'est la nouvelle mouture du diplôme qui permet d'exercer légalement ce métier contre rémunération. Le DE-AMM est classé niveau 5 (bac+2) et validé par le ministère des Sports. Il inclut des compétences renforcées (sécurité, animation, naturalisme, pédagogie), ajoute des options (milieu enneigé ou tropical).
impose un recyclage (mise à niveau) tous les 6 ans..
Compétences et prérogatives :
Les deux diplômes permettent d'encadrer des publics en montagne, hors terrains nécessitant des techniques d'alpinisme (glaciers, terrains rocheux) ou d'escalade..
Le DE-AMM exige un niveau d'entrée et une sélection plus poussés. Il atteste également d'une capacité à intervenir en milieu enneigé ou tropical selon l'option choisie.
Les titulaires du BE-AMM peuvent toujours exercer, mais le DE-AMM est désormais la voie de formation officielle.
|
Résumé : Le BE-AMM est l'ancien diplôme, le DE-AMM est l'actuel, avec un niveau de formation renforcée, des options complémentaires et une obligation de recyclage professionnel régulier. |
* NB: il faut noter que tous les BE-AMM sont aujourd'hui reconnus équivalents aux DE-AMM. En pratique, un titulaire du BE-AMM qui se maintient à jour (formation continue obligatoire) bénéficie des mêmes prérogatives. Les limitations sont donc principalement historiques et concernent le contenu initial de la formation et de la reconnaissance internationale, qui ont été corrigées par la réforme et la reconnaissance automatique en DE-AMM.
En résumé: le DE-AMM a remplacé le BE-AMM , mais les titulaires du BE-AMM bénéficient des mêmes équivalences et prérogatives que ceux du DE-AMM. Le passage au Diplôme d'État correspond à une harmonisation, une mise à niveau des exigences et une modernisation de la formation d'accompagnateur en moyenne montagne en France
Les BE-AMM qui exercent aujourd'hui à l'année, sont en général titulaire de
l' UF3, spécialisation milieu enneigée "raquette à neige" ou milieu tropical, voir les deux...
Janvier 2026
Pour la petite histoire !
Sur le terrain, la situation apparaît plus contrastée. La refonte actuelle du cursus de formation laisse d'ailleurs présager une évolution qui ne va pas essentiellement dans le sens d'une amélioration du métier.
D'un point de vue concret, la formation s'est indéniablement renforcée, notamment en ce qui concerne la conduite de groupes d'enfants. L'AEM tend désormais à se rapprocher d'une qualification de type BAFA renforcé.
En revanche, la disparition de la notion de milieu spécifique marque un tournant important : toutes les formations de guides de randonnée sont désormais placées sur un même niveau, ce qui contribue à uniformiser les profils et à gommer certaines compétences propres aux milieux montagnards.
Les nouveaux diplômés ne paraissent pas mieux préparés à évoluer en terrain montagnard hivernal. Beaucoup rencontrent des difficultés à concevoir des itinéraires pertinents, à comprendre les contraintes ou les atouts, et à s'engager de manière sécurisée. Leur formation, davantage centrée sur les interdits et les aspects réglementaires, tend à restreindre leur autonomie et leur capacité d'initiative.
Par ailleurs, on observe un appauvrissement de la dimension pastorale et critique dans leur approche du milieu. Ces jeunes professionnels adoptent souvent une posture davantage pédagogique que véritablement montagnarde.
Enfin, il est paradoxal de constater que l'exercice du métier de guide de randonnée ne nécessite plus impérativement le diplôme officiel. De nombreuses formations alternatives — cartes fédérales (FFRP), certificats de qualification, etc. — permettent désormais d'obtenir la carte professionnelle.
Le seul domaine encore relativement préservé reste la pratique hivernale, bien que celle-ci tende également à se banaliser. L'encadrement sur pistes balisées devient la norme, favorisée par la multiplication de ces itinéraires, au détriment d'une approche plus authentique et exigeante de la montagne hivernale.
*** Ce nouveau cursus semble s'éloigner de la vocation initiale du métier, en privilégiant la formation de coordinateurs et de cadres de la randonnée plutôt que celle de praticiens de terrain. La dimension opérationnelle, pourtant essentielle à cette profession, se voit fragilisée et devient de plus en plus incertaine, conséquence du recul progressif des prérogatives qui lui étaient historiquement associées. Il devient désormais difficile d'organiser de manière autonome des séjours, bivouacs et autres activités qui constituent pourtant le cœur de ce savoir-faire. Cette évolution conduit à une perte progressive de l'identité du métier, au profit d'agences et de grandes structures, reléguant les professionnels de terrain à un rôle subalterne.