Du Mont KENYA au Kilimanjaro - 1993

Balade sur le toit de l'Afrique

Le Toit de l'Afrique dans toute sa splendeur perdue...Février 1993

Dans les pas de Hans MEYER

Entre Mawenzi & Kilmanjaro.

L'idée de grimper sur une montagne tutoyant le ciel d'Afrique, nous a fascinés. Comment réaliser un tel rêve? Les hauts sommets sont souvent difficiles, aussi bien du point de vue technique que physique. Tous sauf un que je dirais plus "abordable". Le Kilimanjaro! En effet, en empruntant la "Marangu route", il est relativement facile et aisé pour des alpinistes entraînés, et correctement acclimatés, d'atteindre son sommet (5895m).

 

Pour quatre adhérents de la section du CSA Général Louis Gentil de Clermont-Ferrand, la chose était décidée. Nous irions sur cette montagne mythique qu'est le KIBO; non sans avoir parfait notre acclimatement sur le massif du Mont KENYA, en effectuant l'ascension d'un de ses trois sommets,  la pointe LENANA culminant à 4985m).

 

L'objectif choisi, d'autres difficultés sont apparues et non des moindres, puisqu'elles étaient d'ordre financier. Une année de mise au point à la recherche d'éventuels sponsors et à la préparation de l'expédition a été nécessaire. 

 

Le KIBO

A peine arrivés à la porte du parc (Marangu), nous sommes de nouveau confrontés aux habituels marchandages, cette fois-ci, au fond d'une baraque, à la lueur de nos frontales, nous marchandons le prix de notre séjour sur ce massif, où l'accompagnement "d'un guide" et d'une équipe de porteurs est obligatoire. Les tractations effectuées, nous allons dormir.

 

1ere étape

 

Petit matin, rendez-vous à huit heures. L'équipe de porteurs se pressent à l'entrée du parc. Avec notre guide, sept seront nécessaires pour accompagner notre groupe de quatre personnes. Après une ultime vérification des sacs, nous partons pour Mandara Camp se trouvant à l'altitude de 2727m. Notre progression est facile en dépit de l'humidité ambiante. Après trois heures de marche, nous arrivons au camp. La vue est superbe! De cet endroit, à une demi-heure de marche se trouve le cratère maudit, une jolie balade au milieu des bruyères et de protées aux grosses fleurs blanches.

 

2eme étape

 

Le lendemain, la pluie est de la partie. Il a beaucoup neigé en altitude. Le second refuge est à environ 12 km et la progression du groupe se fait de plus en plus lente. La pluie redouble d'intensité et ne nous quittera plus pendant les quatre heures de progression en direction d'Horombo hut. Le paysage ressemble étrangement à la chaîne des puys en Auvergne. Une demi-heure après notre arrivée, nos sacs à dos, mal protégés contre la pluie, sont véritablement trempés et gorgés d'eau. Nos porteurs arrivent à leur tour trempés comme des "rats"... La catastrophe se confirme, nos affaires - vêtements, duvets- dégoulinent. Notre soirée sera consacrée à réparer les dégâts des eaux...

 

 

3eme étape

 

La nuit a été très longue et le mauvais temps est toujours sur nos têtes. Dans les conversations, pendant le repas, nous comprenons qu'il a énormément neigé en altitude ces trois derniers jours. Le guide que le parc nous a imposé est très pessimiste pour le déroulement de la suite des événements. Que cela ne tienne, nous partons vers neuf heures pour une petite incursion à 4600m, où nous rattrapons vite la neige, dont la fonte a transformé le sentier en ruisseau.

Le temps se lève peu à peu. Le MAWENSI, sommet voisin du KIBO, pointe le bout de son nez en sortant des strato-cumulus. Enfin, le voile de nuages se déchire lentement et le majestueux KIBO, montagne souveraine régnant sur l'Afrique, découvre à son tour ses 6000 mètres de splendeur.

 

 

4eme étape

 

Grand soleil au levé! Pour beaucoup d'entre-nous, la nuit n'a pas été fameuse. Michel souffre d'une "tourista" carabinée, de plus, la neige sur le plateau ne facilite pas la montée vers Kibo-hut situé à l'altitude de 4700 m. La progression est lente, les arrêts fréquents. Epuisés pour certains, nous atteignons Kibot-hut, le dernier refuge avant l'ascension finale. Chacun reste avec ses pensées et prépare moralement l'ultime étape vers le sommet.

 

 

 

5eme étape

 

Minuit, après un café pris sur le vif, nous partons dans un univers immaculé et glacial. Devant nous 1100m de dénivelé, sur un épais manteau neigeux, tranformé durant la nuit et relativement en bonne condition. La pente est raide, et très vite, après quelques réflexions sur les conditions météo, je comprend que le guide, ne désire pas aller jusqu'au sommet. Il me fait part qu'il s'arrêtera à Gillman's Point, sur le bord du cratère. Je prend note de sa future décision et poursuit sans l'attendre. Pas question pour moi, de me contenter d'une balade avortée, je suis bien décidé à aller jusqu'au bout... Maintenant cela fait quatre heures que nous grimpons et nous arrivons  au but fixé par Rémi notre guide "Guillman's point 5685m".  Rémi se congratule avec moi et me fait comprendre que les conditions d'enneigement de la montagne ne permettent pas de poursuivre plus haut (mais qu'il ferait éventuellement  peut-être un effort si je lui donnais une somme d'argent supplémentaire pour poursuivre vers Uhuru peak...).Tiens donc?...

Très désappointé, je refuse et décide sans son consentement d'aller au sommet. Après quelques palabres et certains égarements de langage que je devine, mais ne comprend pas, je décide mes camarades à me suivre, ce qui incitera le guide local à nous suivre en direction de la pointe Stella, et plus encore, si....?

 

Une demi-heure plus tard je suis sur la pointe Stella (5756m) et attend Rémi le guide qui me rejoint en pestant sur mon comportement de vouloir poursuivre  plus haut. Michel et mes camarades me rejoignent. Ici, la température frise les moins -20°C. Les piles de mon Olympus IS 3000 sont HS, ce qui explique les rares images du lieu...

Le lever du soleil éclairant lentement à contrejour le Mawenzi est vraiment une splendeur. Nous restons figés par la majesté du lieux. Devant nous la nature nous offre un spectacle étonnant de la caldeira  et de ses rideaux de séracs, illuminés de délicates teintes orangées. La parole n'est plus de rigueur,  et nos mots seraient trop pauvres pour exprimer cette beauté et la joie d'être à cet endroit magique.

Après les photos d'usage, et devant l'insistance de notre  guide imposé par le  parc pour faire demi-tour et redescendre au plus tôt ( guide très fatigué je pense), avec une certaine déception, ce qui est un euphémisme pour moi, nous nous décidons à le suivre et entamons la descente...

 

 

Le reste de la journée sera très sportif. Au total 3100m de dénivelée négatif, environ 50 km de chemin de montagne et nous voilà de nouveau à Mandara camp. Il est 14h15.

 

*Aujourd'hui, devant les conditions de neige, aucune cordée n'ira jusqu'à Uhuru peak 5895m, situé un peu plus loin sur le bord du cratère du KIBO.

Elles s'arrêteront toutes à Guillman's Point. Ce jour là, les guides du parc s'étaient certainement donné le mot... Ou alors Rémi avait un train à prendre?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mandara camp,

 

 

Un visiteur de la nuit..................

Petit matin, en montant vers le sommet. Pointe Stella 5756 m
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